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Résumés des conférences / symposiums22 juillet 2026La résilience des systèmes de santé en Afrique face à la réduction de l’aide publique au développement | Conférence plénière
Intervenant : Issiaka Sombie
La résilience des systèmes de santé est définie comme la capacité collective d’atténuation, de préparation, de riposte et de relèvement de tous les acteurs et fonctions du secteur de la santé face aux événements perturbateurs ayant des implications pour la santé publique et ce sans interrompre la prestation des fonctions et services essentiels et en utilisant l’expérience acquise pour adapter et transformer en mieux le système. En Afrique, la notion de résilience des systèmes de santé a pris de l’ampleur après la grande épidémie de la maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 20215, et après la pandémie de la COVID-19. Elle nécessite des financements additionnels pour maintenir le niveau actuel, la qualité et l’accès aux services de santé et produire des interventions pour faire face de façon ponctuelle aux événements perturbateurs. L’aide publique au développement pouvait aider à combler ce besoin additionnel de financement. Malheureusement, cette aide publique au développement qui était en croissance à partir des années 2000 a fait une réduction brutale à partir de l’année 2022 pour atteindre vers 2024/2025 son niveau de financement des années 2000. Cette conférence plénière analyse le concept de résilience des systèmes de santé, l’impact de la réduction de l’aide publique sur cette résilience des systèmes de santé et des approches innovantes potentielles pour maintenir cette résilience malgré cette réduction de l’aide publique au développement en Afrique. Enfin, elle prendra fin par la contribution potentielle de la recherche en santé à l’amélioration dans ce processus de renforcement de la résilience des systèmes de santé en Afrique. Préparation aux crises sanitaires mondiales dans une approche One Health: stratégies et défis | Table ronde
Intervenants : Anne Perrocheau, Brama Kone, Farid Boumedienne, Harena Rasamoelina
Les changements environnementaux, climatiques et géopolitiques aggravent les risques de maladies émergentes ou ré-émergentes à l'échelle mondiale et le fardeau des maladies infectieuses et non transmissibles. Ce contexte montre l'importance de préparer ces crises sanitaires. L'approche "une seule santé", concept à l'interface de la santé humaine, de la santé animale et de la santé environnementale, est une approche possible pour répondre aux défis de la riposte mondiale. Questions : Quelle surveillance mondiale ? Quel fardeau? Quels besoins et quelles réponses équitables pour les pays du Sud ? Cette table ronde propose une discussion structurée autour de la présentation de 4 intervenants suivie d'un échange avec la salle. Alimentation et santé : de la recherche aux politiques publiques | Session plénière
Intervenante : Mathilde Touvier
Au cours d’une vie, nous ingérons près de 30 tonnes d’aliments et 50 000 litres de boissons. Au-delà des nutriments essentiels, notre alimentation nous expose à une multitude de composés bioactifs — additifs, contaminants, substances issues des procédés de transformation ou des pratiques agricoles — dont les effets à long terme sur la santé restent encore partiellement connus. Les travaux scientifiques menés depuis plusieurs décennies ont toutefois établi le rôle central de la nutrition et de l’activité physique parmi les principaux déterminants modifiables des maladies chroniques (obésité, cancers, maladies cardiovasculaires, diabète). À l’échelle mondiale, une alimentation déséquilibrée est aujourd’hui responsable d’environ un décès sur cinq. Ces connaissances ont structuré la politique nutritionnelle française, notamment à travers le Programme National Nutrition Santé. Pour approfondir ces enjeux, l’étude NutriNet-Santé, que nous avons lancée en 2009, constitue une infrastructure de recherche participative unique (déjà >182 000 participants, avec un recrutement qui se poursuit). Grâce à une caractérisation d’une finesse inégalée au niveau international des expositions nutritionnelles et du mode de vie, elle a contribué à des avancées majeures en santé publique, notamment sur l’étiquetage nutritionnel (Nutri-Score), les aliments ultra-transformés, les additifs et les pesticides, avec des retombées concrètes sur les politiques publiques.
23 juillet 2026Santé mentale et addiction des jeunes : repérer les inégalités, construire l'équité | Session plénière
Les racines développementales des maladies du désespoir : Une perspective populationnelle sur les inégalités sociales
Intervenante : Sylvana Coté Contexte Les maladies du désespoir — suicides, maladies liées à l’alcool et aux drogues — sont devenues un marqueur majeur des inégalités sociales de santé. Cette étude examine dans quelle mesure les difficultés émotionnelles et comportementales observées dès l’enfance s’inscrivent dans des trajectoires de vulnérabilité menant, à l’âge adulte, à ces issues graves, au sein d’une cohorte populationnelle suivie sur 35 ans. Méthodes Nous avons utilisé les données de l’Étude longitudinale québécoise des enfants de maternelle, une cohorte populationnelle de 5 290 enfants suivis depuis l’âge de 6 ans. Les données ont été appariées aux fichiers administratifs provinciaux de santé afin d’identifier les hospitalisations et les décès attribuables aux maladies du désespoir entre 18 et 40 ans. Les problèmes émotionnels et comportementaux ont été évalués par les enseignants entre 6 et 12 ans et incluaient les comportements perturbateurs, les symptômes du TDAH, la faible prosocialité et la détresse émotionnelle. Les associations ont été estimées à l’aide de modèles de risques proportionnels de Cox, en ajustant pour le sexe et la défavorisation sociale parentale. Résultats Parmi les 5 290 participants, 4,8 % (n = 248) ont été hospitalisés ou sont décédés en raison d’une maladie du désespoir à l’âge adulte. Les maladies liées aux drogues présentaient l’incidence la plus élevée (3,6 %), suivies des maladies liées à l’alcool (2,2 %) et du suicide (0,8 %). Une augmentation d’un écart-type des difficultés émotionnelles et comportementales globales durant l’enfance était associée à une hausse de 49 % du risque de maladie du désespoir à l’âge adulte (HR ajusté : 1,49 ; IC 95 % : 1,33–1,68). Les comportements perturbateurs (HRa : 1,40) et les symptômes du TDAH (HRa : 1,44) étaient particulièrement associés à un risque accru, alors qu’un niveau plus élevé de comportements prosociaux était associé à une réduction du risque (HRa : 0,83). Les associations étaient comparables pour les hospitalisations et la mortalité et principalement attribuables aux maladies liées à l’alcool et aux drogues. Les estimations pour le suicide allaient dans la même direction, mais avec des intervalles de confiance plus larges. Les associations étaient plus marquées chez les femmes, notamment pour les comportements perturbateurs. Interprétation et portée pour les inégalités sociales Ces résultats suggèrent que les maladies du désespoir ne constituent pas uniquement des phénomènes émergents à l’âge adulte, mais s’inscrivent dans des trajectoires développementales précoces. Les difficultés comportementales observées dès l’école primaire — elles-mêmes socialement distribuées et plus fréquentes dans les milieux à faible revenu — pourraient contribuer à amplifier les inégalités sociales de santé sur plusieurs décennies. Inversement, les compétences prosociales apparaissent comme un facteur de protection potentiel. Les interventions précoces en milieu scolaire et communautaire ciblant les comportements perturbateurs, les symptômes du TDAH et le développement des habiletés sociales pourraient ainsi représenter des leviers structurants de réduction des inégalités sociales à long terme, en intervenant bien avant l’apparition des issues les plus sévères. Déterminants sociaux des difficultés de santé mentale chez les jeunes : quelques données épidémiologiques Intervenante : Maria Melchior L’enfance et l’adolescence sont déterminantes en matière de santé mentale et d’addictions. C’est en général avant l’âge adulte qu’apparaissent les premières difficultés voire troubles psychologiques et les conditions de vie et les caractéristiques des familles font partie des facteurs de risque et de protection qui influent sur le risque non seulement à court mais aussi à long terme. De plus, les difficultés psychologiques ou en termes d’addiction à des âges précoces peuvent influer sur la sociabilité, des parcours scolaires, de l’avenir des personnes sur le marché du travail, c’est-à-dire des facteurs sociaux qui à leur tour ont des conséquences en termes de santé mentale et d’addiction. Est-il possible de contrecarrer ce cercle vicieux et réduire les inégalités sociales en termes de santé mentale pendant l’enfance et l’adolescence ? Quelle prévention des troubles psychiques pendant l’enfance et l’adolescence, lorsque les principaux déterminants se situent en dehors du système de santé ? Que faire pour réduire les inégalités sociales qui apparaissent dès l'enfance ? Ces questions complexes seront abordées à l'aide de données épidémiologiques récentes. Santé mentale et addiction des jeunes : repérer les inégalités, construire l'équité | Table ronde
Intervenants : Sylvana Coté, Maria Melchior, Bruno Falissard, Jean-Michel Delile
Cette table ronde abordera les liens entre santé mentale et addictions chez les jeunes, en revenant sur les grandes définitions et les évolutions récentes observées. Elle mettra en lumière les inégalités sociales et territoriales qui influencent ces problématiques, ainsi que le cumul des vulnérabilités et les publics encore insuffisamment repérés. Enfin, la discussion portera sur l’accès à la prévention et aux soins, l’équité des politiques publiques et les pistes d’action. Utilisation de l’IA en épidémiologie : défis et opportunités | Symposium
Intervenants : Aurélie Merquiol, Hervé Maisonneuve, Jean-Charles Dufour.
L’essor rapide de l’intelligence artificielle, et en particulier des modèles de langage génératifs, transforme rapidement les pratiques de recherche et d’analyse en épidémiologie. Ce symposium propose d’examiner les opportunités offertes par ces technologies tout en discutant les enjeux scientifiques, éthiques et réglementaires qu’elles soulèvent pour la recherche et la pratique épidémiologique. Trois présentations aborderont des perspectives complémentaires. Une première intervention portera sur les questions de protection des données et de gouvernance des systèmes d’IA en recherche, en particulier à la lumière du cadre réglementaire européen et des enjeux de souveraineté numérique. Une deuxième présentation examinera les implications de l’IA pour l’intégrité scientifique, notamment en matière de fiabilité des données, de production de connaissances, de revues de littérature automatisées et d’évolution des pratiques de publication. Une troisième contribution abordera les usages émergents de l’IA pour la recherche documentaire et l’exploration automatisée de la littérature scientifique. Au-delà des outils eux-mêmes, le symposium discutera de leurs impacts potentiels sur les pratiques de recherche, les compétences scientifiques et l’évolution du système de publication académique. Une discussion ouverte avec les participants permettra d’explorer collectivement les défis et les perspectives d’une utilisation responsable de l’IA en épidémiologie.
24 juillet 2026Changements climatiques et populations vulnéables | Session plénière
Faire entrer la santé et les inégalités dans les équations des trajectoires climatiques : des expositions aux impacts attendus et à l’atténuation du changement climatique
Intervenant : Rémy Slama Nous passerons en revue les effets sanitaires attendus du changement climatique, les éléments concernant l’adaptation et l’atténuation. Nous verrons que les stratégies d’atténuation du changement climatique pourraient apporter des co-bénéfices sanitaires considérables, et illustrerons les enjeux concernant les inégalités sociales à chacune de ces étapes. Vulnérabilité des logements à la chaleur : quelles données sont disponibles et comment les utiliser ? Exemple dans la cohorte en population Constances Intervenante : Émeline Lequy-Flahault La présentation décrira les données de bâtiment, la manière dont nous les avons appariées dans Constances et dont nous comptons les utiliser dans une étude épidémiologique avec quelques résultats sur les 'passoires thermiques' par exemple, et comment les autres cohortes pourront appliquer le pipeline de données en cours de développement, avec les points forts et les limites de l'approche dans son état actuel, dans le but de documenter les inégalités liées au bâti face au changement climatique. Enjeux contemporains autour de l’épidémiologie des changements climatiques Intervenant : Tarik Benmarnhia L'épidémiologie des changements climatiques soulève d'importants défis méthodologiques, notamment pour quantifier les impacts sanitaires et pour évaluer les bénéfices sanitaires, en particulier en termes d'équité, des mesures d'adaptation et de mitigation. Cette présentation abordera deux axes complémentaires. Le premier portera sur les avancées récentes en inférence causale, notamment les méthodes de transportabilité, qui offrent des solutions prometteuses pour les pays à revenu faible ou intermédiaire où les données disponibles restent insuffisantes. Le second axe s'intéressera aux approches de quantification des co-bénéfices sanitaires des politiques de mitigation, en intégrant l'hétérogénéité spatiale et les inégalités territoriales comme dimensions centrales de l'analyse. Diffuser et promouvoir les bonnes pratiques en épidémiologie révisée en 2025 par les quatre associations d’épidémiologie Francophone : enjeux et perspectives | Symposium
En septembre 2026, l’Association des épidémiologistes de langue française (ADELF), l’Association pour le développement des études et recherches en épidémiologie en santé au travail (ADEREST), l’Association pour l’étude de l’épidémiologie des maladies animales (AEEMA), l’Association pour le développement de l’épidémiologie de terrain (EPITER) ont mis à jour les bonnes pratiques en épidémiologie (BPE), dont la dernière révision remontait à 2007. Une session plénière avait été consacrée à cette révision lors du colloque ADELF-EPITER de Limoges en 2024. Issue d’un travail collaboratif entre les 4 associations suivant une méthodologie structurée, la version révisée des BPE cible en priorité l’exercice de la discipline dans les pays francophones (notamment en France, Belgique, dans les pays d’Afrique francophone et au Canada), qu’elle qu’en soit la finalité (recherche, épidémiologie de terrain, surveillance, aide à la décision et expertise en santé publique…) ou le champ d’application (santé humaine, santé animale, santé environnementale, santé au travail, épidémiologie sociale, Une seule santé…). Les échanges entre les épidémiologistes des quatre associations ayant participé et leur diversité de pratique et de contexte d’exercice ont permis de couvrir l’ensemble des champs d’application de l’épidémiologie contemporaine.
Le guide des BPE n’est pas un document normatif rigide alors que l’épidémiologie est une discipline vivante, en constante évolution et fait l'objet d'incessantes innovations. Les BPE ont une durée de validité limitée et l’évolution des champs d’application de l’épidémiologie, des données, notamment massives, de la place croissante de l’intelligence artificielle (IA), des modalités de publication et de valorisation, d’implication des participants (science participative) nécessiteront d’anticiper leur révision. Une stratégie de communication et de promotion des BPE pour la pratique et la formation initiale et professionnelle est en cours d’élaboration par les 4 associations promotrices des BPE pour la valorisation et la diffusion la plus large à la communauté des épidémiologistes de langue Française et au-delà par une version en anglais. |
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